j’aime l’oubli du temps. je n’écris heureuse que lorsque j’écris hors du temps
*

fatigue, vide, tristesse lasse
je me sens encore dominée par ma mauvaise obstination et ma mauvaise impatience. elles se heurtent à un mur de silence
que ce mur est immense, que ce mur m’interroge dans son mystère
des ombres s’y projettent — quelle tristesse que ces formes glissantes sur la pierre!
le langage, la voix sont seuls à pouvoir traverser ce mur
mais les mots s’arrêtent au seuil de ma bouche et je me tais
je ne sais pas
non, je ne sais pas
pourquoi la peur
pourquoi l’attente
dans ce dialogue entre deux voix muettes — ce mur et moi
dans ce silence du mystère pourtant
ce qui sera est déjà

le noir vagabonde, le monde dort.